Sebastien Bayet

La croix fournit une vision limpide de la condition humaine, souffrance et espérance confondues. Bayet le sait qui donne autre chose à voir que de l’effroi ou de la dérision.

Se pose alors la question de l’art sacré. Dans la transgression des images, dans le mélange des genres, Bayet a trouvé, ce me semble, comme une incarnation. Celle qui préside à toute réalisation personnelle. Le peintre George Rouault a multiplié les crucifixions et les passions, montrant la mort et la déchéance. « Ne t’enfuis pas devant la mort et la misère » écrit-il. Il y trouvait de la présence, sans jamais occulter « l’enfer de la réalité terrestre et matérielle ». Les œuvres de Bayet, avec leur excès, leurs directions profuses, forcent notre intimité pour nous rendre lucides. Ce qu’il propose peut certes renvoyer à Dieu – pour qui y souscrit – mais raconte simplement l’homme et sa destinée. Donner à méditer, avec des signes et des images forts, customiser les atours de la Religion pour une eschatologie du quotidien.

Benoît Decron,
conservateur en chef du patrimoine,
conservateur du Musée Pierre Soulages.

Portrait of Sebastien Bayet